récit

La République du Vautour

de Abaye Abakar Adam

C'est ce à quoi travaille Abaye actuellement et qui verra le jour cet automne.Voilà le monologue et la clameur d’un fou vivant au cœur des capitales, qui porte en lui « quelque chose » de la misère du monde, la plaie de toutes les exclusions. A travers sa prose, parfois hallucinée, ses rires ou ses caricatures, passent en claudiquant le commencement et la fin du monde, le pouvoir et les rituels sociaux, l’absurde et la solitude. Abaye campe ce personnage (ou le raconte, le montre ou le fait parler) tel qu’il vit sillonnant les métropoles du Sud, de Douala à Niamey, gesticulant sur le marché central de N’Djamena ou de Cotonou, ou sondant les foules de Brazzaville ou de Lagos. Parole de fou où la philosophie a sa raison d’être.

« A moins que ce ne soit l’inverse ». Le fou est, pour Abaye, le meilleur et le plus invraisemblable des paroliers, diseur de vérités, crues ou graves, que nous connaissons sur notre continent. C’est un tribun insaisissable, chroniqueur des maux autant que marionnettiste des simulacres, de la nature humaine dénaturée, jouée dans ses outrances, d’un temps qui brouille l’hier/aujourd’hui/demain, en y faisant des trous. Il raconte, en fait, l’inaudible autant que l’invisible, les failles dans le silence de la mémoire collective. Voilà sa légende.

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