contes-musique

Portraits en blues de travail

de Jocelyn Berube

Avec Portraits en blues de travail, ce magnifique poète de la narration continue de porter son verbe en bandoulière, prêt à le lancer en éclair sur nos âmes de pierre pour ressusciter le Grand Cirque ordinaire de nos faits divers. La matière noble de son violon a toujours su réchauffer sa mâchoire afin qu’elle hurle à jamais la rage de tous les Tuyau Grandchamp de la terre. Jocelyn conte sans modération. Il est la passion libérée. De l’entité déracinée de Saint-Nil, il est devenu l’identité défoulée en ville. Pourtant, il n’a jamais quitté Saint-Nil. Il est devenu à lui seul son village, déchiré entre le béton et le bois rond.

Portraits en blues de travail, est un parcours à travers le temps, un voyage dans une galerie sonore de portraits (ra)contés (joués quelques fois) et musicaux sortis des cadres du réel et de l'imaginaire. Les personnages de Jocelyn forment une famille de héros de la vie comme l'esclave « Bois d'ébène », « Alexis le trotteur » et « Rocket Richard », qui frappent à leur manière à la grande porte du légendaire. Ce sont des êtres qui se meuvent, respirent, et parcourent des natures sauvages, qui se déploient de grandeurs en vastitudes non loin des grandes oies blanches et du huart à collier. Cette galerie sans chasse interpelle l'humanité braquée dans la mire du conteur.

CE QU'ILS EN DISENT

« …dans un Québec post-moderne où l’on s'est empressé de hisser le drapeau de la défaite, Bérubé est l'un des seuls à chanter la résistance et le combat, un des rares idéalistes à se soulever encore contre l'immobilisme et la perte d'identité… »

« De fait, les propos de l’artiste sont assez ouverts et universels pour rejoindre autant ce qui s’est passé dans son patelin que, à un tout autre degré, les déchirements associés aux grands drames de l’humanité. Ses contes peuvent paraître légers, allègres même avec les rythmes qui les ponctuent et les violons qui se chicanent endiablés, mais ils dissimulent une gravité sous-jacente, une portée soutenue par son regard lucide, attentif, et sa grande sensibilité. C’est une force pour ce conteur qui n’hésite pas à mettre le doigt sur la part immuable de l’être humain tout en installant des ambiances dansantes, aussi captivante que diversifiées. » Charles Bolduc, 26 juin 2007

« D’un bruit sourd, une chandelle à la main, l'ouverture d'un tubas sur la bouche, Jocelyn Bérubé fait venir les loups qui hurlent. On suit sur ses lèvres et à travers ses grands gestes, les froids qui chauffent, les glaces qui craquent, et tantôt chantante, tantôt endiablée, sa voix, criante de vérité, vaut bien les images d'un film… avec la poésie en plus… »" L’Aut’journal, 1997, Lise Rose

« …l'homme est un conteur-né. C'est une force de la nature, un enchantement majestueux, une folie toute douce, un volcan… dès qu'il prend le micro, la chose se produit à notre corps défendant tout d'abord, puis à notre bonheur ensuite…» La Presse, 1995, Montréal, Karine Rochdi

"…lorsque Jocelyn Bérubé commence à raconter, ses yeux s'animent d'étincelles, sa voix est symphonique, … À certains moments, on le croirait même possédé ! … »

"…même si Jocelyn Bérubé reste modeste sur sa carrière, peu de comédiens peuvent se vanter d'avoir de tels tableaux de chasse et l'on compte peu de metteurs en scène qui n'aient travaillé avec lui comme acteur ou musicien…" Le Devoir, Montréal, 1992, Pascal Pontereau

" …pour ceux qui ne le connaisse pas, Jocelyn Bérubé est un sauvage égaré de la Gaspésie, un poète-comédien-musicien exilé en ville, un déraciné du monde moderne, un loup solitaire qui ne peut s'empêcher de se porter la défense des matières premières, le bois, la terre et la tradition… Ceux qui le connaissent, lorsqu'on leur parle de Jocelyn, ils prennent tout à-coup le ton de la complicité : Ah! Jocelyn! Un gars en or! Disent les uns, une perle rare! Disent les autres. Et Jocelyn que la modestie étouffe rougit de plus belle. Non, non, vous vous trompez! Un peu plus, il irait se cacher… " Arts et Spectacles, 1980, Nathalie Petrowski