récit

Ma Tristesse sur la Mer

de Mike Burns

Né de la menace des Etats-Unis d’envahir les colonies britanniques du Canada, les travaux du Canal Rideau débutèrent au début du 19ème siècle. Long de 202 kms, sa creusée et sa construction, par les immigrants toujours plus nombreux, furent un travail colossal. Histoire d’exils, de songes espérants, de luttes pour la survie, du lointain chevillé au cœur, d’âmes errantes, d’ouvriers migrants, de la solitude. Histoire de la solidarité, et de la peine, de la longue mélopée de vie commune à tous les déportés du monde, bâtisseurs anonymes et humains en quête. C’est un bout du récit de l’humanité, une de ces histoires que jamais l’Histoire majuscule des nations ne révèle.

Le récit débute ainsi : dans un petit bateau de pêche au large de l’Irlande. Deux protagonistes : un jeune ouvrier, maçon, et sa belle. Ils croiseront le sort d’un bon nombres d’autres figures, partis comme eux, durant 6 ans. Émigration, traversée mouvementée, recherche de travail, ivresse, désespoir, labeur sur le canal, maladies, nuits à se tenir serrés, explosions,... c’est le destin aux mille figures qui se raconte ici. A la manière d’un Ken Loach, Mike Burns, fait de Ma tristesse sur la mer un blues vibrant, un film beau et grave dans l’image mentale de ses auditoires, qu’ils soient d’Irlande, des Amériques, de France ou d’ailleurs.