La Mer et Lui est tiré d'un livre de littérature jeunesse de Henri Meunier.
Un capitaine en retraite demande la mer en mariage. Comme c’est la première fois qu’on l’invite à sortir malgré son âge, elle accepte . Elle prend sa retraite elle aussi, et se coule dans un verre d’eau. Ils s’installent dans un meublé modeste. « On reconnaît leur porte au bruit du ressac ». Ils se racontent… « Elle lui dévoile certains de ses mystères, de ses trésors fabuleux, et son admiration pour les terres qu’elle ne recouvre pas. En retour, le capitaine lui offre sa légende, et ce que les hommes ont écrit de plus beau sur ses eaux. » Seulement la mer sans la mer, ce n’est plus que du vent. La mer sans la mer, c’est la désolation… . Lorsque la mer reprendra sa place, le capitaine gardera au fond de son petit verre un bout de mer, une goutte complice, histoire de se retrouver de temps en temps en tête à tête dans sa baignoire, la mer et lui.
Quelques notes sur la genèse du spectacle
« Quand j'ai terminé un livre, si j'en ai fait le tour, si j'ai compris tout de l'histoire, c'est qu'il s'agit simplement d'un livre pour s'amuser (comme certains que je crée). Ce n'est pas forcément le cas de livres comme « La Mer et lui » ou « Ernest », où une grande part est volontairement laissée aux lecteurs, qui en deviennent aussi auteurs en quelque sorte. Et cette part, je ne la connais pas encore avant d'en avoir discuté avec mes lecteurs. Ce qu'ils ont lu, ressenti, imaginé, ça me met quelquefois une claque, ça m'impressionne, ça me fait réfléchir. » Henri Meunier
Dans la symbolique universelle, la mer est la mère du monde : elle contient en elle toute la mémoire de ce dernier . Elle est le lieu où tout retourne un jour ou l’autre : elle donne et reprend. La mer, c’est l’infini des possibles (là où elle démarre, c’est aussi la fin. Là où le bord prend fin, elle démarre), un état transitoire du doute. C’est le symbole de la vie et de la mort, mais aussi le miroir que l’homme rêve de traverser pour se rendre dans un monde imaginaire. Elle est le départ d’une vie nouvelle…
Ce capitaine s’est trouvé par son travail marin. S’il se doit de lâcher son métier, il ne peut la quitter. Et la mer de se laisser prendre. Au jeu. Aux feux de l’amour. Mais tout comme des amis qui vous mettent en garde sur l’effacement de votre personne dans un couple ou une famille, c’est la société qui va la sortir de sa torpeur, lui faire rendre compte que sa liberté est prise dans les filets d’un meublé trop modeste pour elle. Que si la mer est le miroir de l’homme, elle-même ne peut se mirer en lui. Parce que, pour eux et pour elle-même, « la mer sans la mer, c’est la désolation ».
Pour moi, la mer et le capitaine forment là un drôle de couple , qui le vit cependant pleinement, qui a compris que le mariage de deux êtres reste une vie de solitude à deux, qu’il faut se laisser l’espace nécessaire pour pouvoir s’aimer, quitte à se quitter, pour se retrouver plus amoureux, en tête à tête. Par leur moments de vie commune, ils ont enrichi leurs personnes, se sont grandis, en sont sortis plus beaux. Sans se perdre. Et dans une poésie à tout rompre…
Et puis si je me retrouve si bien dans cette histoire, c’est aussi parce que j’aime tellement la mer. La voir est un besoin récurrent. Une bonne partie de mon enfance s’est passée face et en elle. A faire de la voile et nager par tous les temps. A presque y perdre ma sœur, dans les dangers de ses eaux. A y rencontrer mon compagnon de route, avec qui je navigue chaque jour, depuis, dans les aléas de la vie !
« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir, tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame. » Baudelaire.
L'auteur : Henri Meunier
Henri Meunier est né en 1972 à Suresnes et vit aujourd'hui à Bordeaux. Après avoir étudié les arts plastiques à l'Université, il a été travailleur social pendant près de six ans. Il fait ses premiers pas en littérature de jeunesse avec l'ouvrage "Le paradis" illustré par Anouk Ricard et publié au Rouergue, sa maison-mère. Depuis, il exerce le métier d'auteur et d'illustrateur à plein temps et créée parfois en complicité avec d'autres (Régis Lejonc, Nathalie Choux, Anouk Ricard). Variant les options graphiques, les albums d'Henri Meunier sont empreints d' humour, d'inventivité et de poésie.
Ses publications : Ernest : l’enfant qui ne volait pas bien haut, Varia, éditions du Rouergue, 2004
Le Cri, avec Régis Lejonc, éditions du Rouergue, 2003 Jack et le haricot magique, avec Célestin, éditions du Rouergue, 2003 Toc Toc Toc, Tête de Lard, Thierry Magnier, 2003 La Môme aux oiseaux, ill. Régis Lejonc,Varia, éditions du Rouergue, 2003 Komunikation zéro, ill. Thierry Murat, Varia, éditions du Rouergue, 2003 Arrête ton cinéma, texte Guillaume Guéraud, Zig-zag, éditions du Rouergue, 2003 Ronde de nuit, éditions du Rouergue, 2002 Quand l’hiver arrive, éditions du Rouergue, 2002 Méêêêtro, boulot…, éditions du Rouergue, 2001 Le Paradis, ill. Anouk Ricard, éditions du Rouergue, 2001
Olivier Lettelier, mise en scène
Comédien-Conteur-Metteur en scène. Après s’être formé à l’école Internationale de théâtre Jacques Lecoq, il a joué sous la direction d’Alain Mollot, Marc Deruelle et Sara Veron. Il a souvent travaillé avec des jeunes en tant que professeur au conservatoire de Champigny, intervenant en milieu scolaire et en milieu associatif. Il a découvert le conte avec Gigi Bigot et s’est formé auprès d’Abbi Patrix, Pépito Matéo et Muriel Bloch.
Il s’est mis en scène dans « L’homme de Fer ». Il a créé avec le Théâtre du Mouvement « Equilibre instable III », mis en scène par Yves Marc. Sa dernière création : « La Mort du Roi Tsongor », d’après le livre de Laurent Gaudé, joué et raconté en duo avec une violoncelliste.
« Lui, c’est un type qui s’engage dans l’art vivant comme dans la vie, sans arrières pensées…un tempérament bien trempé à l’envie, un fabriquant d’images, un campeur d’espaces, un chercheur d’arrache-pied, un inventeur de formes à bras le cœur. Si c’était un paysage, ce serait un vrai cirque, si c’était une musique, je l’imagine fanfare à lui tout seul…Un rêve ? Un acrobate qui jongle avec du sable… » Pépito Matéo.