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    théatre/france

    Compagnie Les Merveilleuses / Isabelle Lafon

    Comment parler d'une comédienne inouïe, si ce n'est peut-être en égrenant ce que l'on dit d'elle pour essayer de parvenir à prendre toute la mesure de son art, le théâtre, qu'elle pratique comme personne aujourd'hui, dont elle réinvente les codes, qu'elle transcende dans tous ses projets. Isabelle est connue pour avoir adapté Igishanga à partir du livre de Jean Hatzfeld, Dans le Nu de la vie, récits des marais rwandais qui a été joué dans de nombreux théâtre en France et à l'étranger. Sa dernière création Le Journal d'une autre, a été présenté en février 2008. Le Journal d'une autre sera repris en juin 2009 au Théâtre Paris Villette Théâtre Paris-Villette.

    En 2009, Isabelle Lafon joue dans Les Possédés, d’après Dostoïevski - Mise en scène Chantal Morel, créé à la MC2:Grenoble. La pièce sera présentée à l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, à la Scène nationale de Sénard, à Combs la Ville et au Théâtre de Nanterre – Amandiers.

    A Propos du JOURNAL D'UNE AUTRE

    L’HISTOIRE

    En 1938, Lydia Tchoukovskaïa rend visite pour la première fois à Anna Akhmatova. C’est une visite pour « affaire ». Ce qui, dans le langage codé qu’elle utilise pour rédiger ses notes, signifie qu’elles vont échanger des renseignements sur leurs démarches pour faire libérer le mari de Lydia et le fils d’Anna, arrêtés depuis peu. De là, s’ouvre un entretien qui prendra fin trente ans plus tard en 1962. Une interruption de 10 ans, entre 1940 et 1950, suspend la conversation mais dès cette première visite leurs vies semblent liées. Plus que tout, l’activité clandestine - qui consiste pour Lydia à apprendre par cœur les poèmes qu’Anna écrit avant de les brûler - les attache l’une à l’autre. Les discussions sur la poésie, la littérature, la politique ou la survie, le partage des révoltes et des deuils, des anecdotes ou des sachets de thé, le mélange du « trivial et du sublime » dont parle le poète Ossip Mandelstam, forment le contenu de ces « Entretiens » .

    LES PROTAGONISTES

    Anna Akhmatova : Anna Andreevna (1889-1966) : Grande poétesse russe, passe la majeure partie de sa vie a Saint-Petersbourg (Leningrad). Ses premiers poèmes publiés à l’âge de 22 ans rencontrent un succès immédiat. Interdite officieusement en 1925, elle est mise à l’index jusqu’en 1940, période de la guerre et d’un court retour en grâce ; ses poèmes sont affichés sur les murs de Stalingrad assiégée. En 1946, attaquée par Jdanov, elle est exclue de l’union des écrivains soviétiques, donc interdite d’édition et de diffusion, mais ses poèmes circulent clandestinement et sa renommée ne faiblit pas. Apres le rapport Krouchtchev en 1956 elle est de nouveau publiée, mais le poème « Requiem » dédié à son mari, son fils et à toutes les victimes du stalinisme, n’est toujours pas publié dans son pays. Anna Akhmatova s’est mariée trois fois. Son premier mari, Nikolaï Goumilev, poète et cofondateur du mouvement acméiste avec Anna et Ossip Mandelstam, est fusillé en 1921, il a 36 ans. Son troisième mari, Nikolaï Pounine, est déporté et meurt en camp durant les purges. Quant à son fils, Lev Goumilev, il est arrêté à trois reprises et passera plus de dix années en déportation. A soixante-quinze ans elle fut autorisée, pour la première fois depuis la révolution, à se rendre à l’étranger.

    Lydia Tchoukovskaïa : Lydia Korneeva (1907-1996) : Fille du célèbre écrivain et critique Korneï Tchoukovski. Femme de lettres, écrivain, critique spécialisée dans la littérature pour enfants. En 1938 son mari est arrêté et fusillé immédiatement. Tenue dans l’ignorance de sa mort, Lydia ne l’apprendra que des années plus tard. Elle-même échappe à l’arrestation en quittant Leningrad, puis elle restera sans travail. En 1939 elle écrit « Sophia Petrovna », un roman traitant d’une citoyenne soviétique exemplaire dont la vie bascule à l’arrestation de son fils. Ce texte secret, écrit au péril de sa vie pendant les purges, restera un document unique sur l’année 1937. « Sophia Petrovna » et son roman « La Plongée » tiré de ses souvenirs de guerre n’ont été édités en Russie qu’à la fin des années 80. Ses lettres ouvertes aux journaux soviétiques, pour la défense d’intellectuels comme Soljénitsine et Sakharov, jamais publiées, mais diffusées en sous-main, lui ont valu une grande popularité et son exclusion de l’Union des écrivains soviétiques.

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