théâtre, slam, musique, littérature, performance, autres

Artistes recommandés par Frontal

Les réseaux sont plus que jamais nécessaires... ceux des fronts. Dans ses errements, ses productions, ses voyages, à l'occasion de confrontations, de débats vifs, de trocs passionnés, dans des maquis, des friches, des squatts, des théâtres, des occupations, des expulsions, Frontal a rencontré-vécu-expérimenté des paroles, des écritures artistiques, des émotions, des hauteurs de vue qui doivent être transmises, relatées, partagées, comme autant d'engagements indispensables (oeuvres ou artistes). Cette page est donc leur page, pour les découvrir, en attendant qu'une première fois, puis d'autres, la somme des essentiels soit réunie, que les fronts ne fassent plus qu'un seul et unique vaste FRONT, vivace et mêlé. Nous recommandons donc aux visiteurs de suivre les quelques traces présentées ici, accidentées ou non, comme autant de raisons de poursuivre la création face aux destructions programmées.

1/ Théâtre. Véronique Boutroux qui porte Le petit musée de la catastrophe avec la compagnie Brut de Béton de Bruno Boussagol. Avec elle, ce sont les spectacles de la Cie qui demeurent importants : Médée; Elena, ou la mémoire du futur (d'après Svetlana Alexievitch -Prologue à La Supplication, éd. JC Lattès4); 48 psychose (l'oeuvre posthume Sarah Kane), etc.

« En avril 2006, le projet « Diagonale de Tchernobyl » nous a menés en Ukraine, dans les régions contaminées par la catastrophe du 26 avril 1986. De cette résidence, destinée à approcher les habitants de ces zones pour comprendre leurs conditions de (sur)vie, sont nées des rencontres. Des liens se sont créés, dans une évidence. Nous avons souhaité leur venue au festival d'Aurillac, leur intégration dans nos travaux, en chair et en os. Mais considérés comme trop pauvres, ils se virent refuser les visas. Ce lien, tremblé, à la fois fort et terriblement ténu, se voit ici cristallisé dans le personnage du guide. Les visiteurs sont invités à entrer, pour leur propre découverte du lieu ; des objets ont été déposés là, en correspondance avec des photographies, des cartes de la contamination. Une clochette tinte, comme auparavant, au pays, la cloche annonçait les catastrophes. Le guide apparaît alors, présence simple, étrangère. Cette femme, contournant silence et langue de bois de rigueur en Ukraine, prend le risque d'une parole singulière. Elle plante le décor de l'apocalypse avec la douceur de ceux restés là-bas, en terre contaminée. Dans l'espace tendu entre vie et mort, vont affleurer les indices d'un monde à l'envers, les noirs et blancs, les gris de la complexité des choses : nature débordante ou brûlée, kolkhoses abandonnés ou livrés à privatisation précaire, commémorations délaissées, tradition dangereuse... Traversée documentaire et poétique avec la présence au coeur de l'espace de Vassia, liquidateur de la catastrophe et gardien de l'école. Vies dévoilées en de brefs portraits rythmés. Et toujours les chiffres de la contamination. Et l'humour pour la survie. De la distance. Et la vie qui surgit de la perte. Les enfants qui naissent et grandissent, malades souvent, et qui créent dans la joie des poèmes d'amour à leur pays. Traversée descente dans le corps de la langue ukrainienne, jusqu'au chant. Ce monde, ici exposé, nous regarde. Il est aussi le nôtre. » Véronique Boutroux.

Brut de Béton est "une structure de réflexion, de proposition et de réalisation d’actes artistiques n’ignorant pas le malaise dans la civilisation", dit le texte qui la présente, qui produit des spectacles et des évènements, des textes et des rencontres, édite, soutient et contribue au lien social. En témoigne, par exemple, la diagonale de Tchernobyl.

2/ Plairoyer - Performance. Deux plasticiens, Patrick Bernier et Olive Martin ont travaillé avec deux juristes enseignants-chercheurs, Sylvia Preuss-Lausinitte et Sébastien Canevet pour une oeuvre entre fiction et réalité intitulé X.C/Prefet de...plaidoirie pour une jurisprudence . Cette plaidoirie pour une jurisprudence est une proposition d'une profonde intelligence qui fait du droit d'auteur un possible rempart contre les expulsions et toutes les reconduites aux frontières. Deux avocats s'arment de l'hospitalité du droit d'auteur pour forcer l'hostilité du droit des étrangers. Work in progress qui sollicite de chacun d'être poursuivi, nourri, appliqué de manière exponentielle.

3/ Poésie - Slam - Spokenword. D.Kimm a dirigé une centaine de spectacles qui ont fortement marqué le milieu littéraire canadien et qui ont réuni des centaines d’artistes de la scène, de musiciens et d’écrivains, se consacrant essentiellement à la performance, la mise en scène et l’écriture. Elle a publié quatre livres: O Solitude ! (Triptyque, 1987), Chevale (VLB éditeur, 1989), Tableaux (VLB éditeur, 1991) et La Suite mongole, livre-cédérom (Planète rebelle, 2001). Parmi ses nombreux spectacles : Le Bestiaire (Lion d’Or, 1997), Dérives pour voyeurs consentants (Lion d’Or, 1997) et Le Marché des Mots Dits (Marché Bonsecours, 1998) en collaboration avec Dennis O’Sullivan, Howls and whispers(Lion d’Or, 2001), Guerre à la guerre (Gesù, 2002). Sa production 2009, Le silence des hommes, prolonge son exploration dans nos mondes humains. Artiste interdisciplinaire, D. Kimm dirige l’organisme Les Filles électriques dont le mandat est de créer des événements artistiques interdisciplinaires et qui produit notamment le Festival Voix d’Amériques, consacré à la performance et au spoken word.

4/ Musique - Slam. LeDonz a la parole d'avant garde, entre musique, slam et théâtre, aux avant-postes, de Marseille au Burkina. L'abattage des frontières fait partie de ses pratiques. Son premier album solo, TRIBULATION, album reggae hop, sort à la rentrée 2009, avec une écriture différente de ce qu'il défend en slam poésie ou au théâtre, avec cependant les mêmes propos, convictions et rythmes. Il navigue entre son groupe, THE KALAKUTTAZ (8 musiciens/musiciennes de Martinique, Marseille, Paris, Ouagadougou, Salernes, Guadeloupe, Nice), l'écriture de 2 pieces, SANS KAYA (3 comédiens, dont Fatima Ouedraogo et KPG du burkina) et UN AUTOMNE AU MIA, qui sont en fait les 2 faces d'une même pièce. ledonz@hotmail.com.

5/ Théâtre. Cie Lézard Dramatique - Jean Paul Delore. lezard.dram@free.fr. En 2002, la compagnie de théâtre LZD a mis en place un laboratoire mobile de créations théâtrales et musicales se déplaçant dans des villes européennes et africaines. Dirigé par Jean-Paul Delore, ce laboratoire associant auteurs, comédiens et musiciens des deux continents alternèrent périodes de recherches, de représentations et ateliers de pratiques artistiques. Véritable résidence itinérante grâce aux créations, stages, actions culturelles dans chacune des places visitées, les Carnets Sud / Nord ont pour but de créer, à travers les deux continents, une collection de formes vivantes du théâtre musical contemporain : spectacles, récitals, concerts, performances, etc. Chacune des créations voit la réunion soit d'une partie, soit de la totalité des membres du collectif, pour explorer ensemble les liens entre musiques. Des premiers spectacles (1991 : Bleu de Thury – de Malika Bey Durif / mise en scène Jean-Paul Delore; 1992 : La guerre du golfe n'a pas lieu – d’après Jean Baudrillard / mise en scène Catherine Ducarre ; 1993 : La femme des sables – de Malika Bey Durif, d’après Abé Kôbô / mise en scène Patrick Puechavy ; Etc.) jusqu'au projet des Carnets, LZD ne cesse d'expérimenter un théâtre à fleur de peau, intranquille, immédiat, où rien n'est jamais acquis et tout se cherche et se trouve dans la sueur de la pensée en marche. Ce dont témoignent les dernières créations : 2004 : Affaires étrangères ; 2006 : Un grand silence prochain – textes de Soni Labou Tansi, Dieudonné Niangouna et Jean-Paul Delore ; 2007 : Cadernos Sul Norte / Maputo et Matola (Mozambique). Le Théâtre Paris-Villette accueille et accompagne régulièrement la Cie LZD.

6/ Théâtre. Dieudonné Niangouna (Congo Brazza, théâtre), Cie les bruits de la rue. En 1997, au coeur de la bêtise humaine qui brûlait leur pays, deux frères de sang, de nom et de scène : Dieudonné et Criss Niangouna inventent une pratique de jeu théâtral, une forme de résistance, qu'ils baptisent «le big ! boum ! bâh !» ?. Ce dernier aura pour principe de faire un jeu qui commence mine de rien, finit par prendre de l'ampleur rapidement et accentue son rythme jusqu'à l'explosion. Après l'explosion vient le silence brutal. Un blanc. Un minute hors théâtre, hors jeu, mais jeu contre jeu quand même. Puis le principe recommence à zéro. Notons : chaque fois que le système recommence, la scène suivante ne doit rien avoir en commun avec la scène précédente. Ce qui fait une perpétuelle recréation du jeu dans un même théâtre. Dieudonné Niangouna, comédien et auteur d'une force expressive impressionnante, a grandi au rythme des guerres qui ont ébranlé son pays tout au long des années 90. Son théâtre naît et vit dans les rues, en dehors des théâtres détruits par la guerre, inventant un nouveau langage, provocant, explosif et dévastant. Textes et mises en scène : La Colère d'Afrique, Bye-Bye et Carré Blanc. Il collabore aux Carnets Sud/Nord de Jean-Paul Delore («Affaires étrangères» , «Un Grand silence prochain»). Il est cet été 2009 invité par le le Festival d'Avignon.

7/ Contorsionisme. Angéla Laurier est une artiste qui tente de rompre en temps réel le cours de son destin (Daniel Conrod). "C’est un jeudi soir de janvier, aux Subsistances de Lyon, que l’on vit pour la première fois cette Angéla Laurier, une contorsionniste québécoise, tenter, face à un public totalement médusé, de rompre, en temps réel, le cours de son destin. A bientôt 45 ans, Angéla Laurier avait lieu de la vouloir, cette rupture avec son destin de petite fille qui ne tenait pas en place, faisait tout le temps la roue ou le soleil, comme si quelque chose en elle ne devait jamais s’arrêter de tourner. Derrière elle, sur un écran, apparaissait tour à tour ou son père ou l’un de ses frères : le premier, manifestement sujet à la dépression, le second, franchement schizophrène. Et ces deux hommes parlaient, avec leur drôle d’accent et une sincérité désarmante, de tout ça, de la famille, de la souffrance psychique, de la maladie mentale. Plus d’inconfort intime ne doit pas exister". Angéla Laurier dit qu’un jour prochain son destin de contorsionniste tombera comme une vieille nippe et qu’alors elle parlera vraiment, pour de bon, sans craindre le spectre de la folie. Elle sera devenue tout à fait libre. Déversoir est une tentative de démystification de la folie. Mon métier de contorsionniste est mon exutoire aliénant.

8/ Théâtre. Rapport aux bêtes, texte de Noëlle Revaz Valaisanne, éditions Gallimard, a donné lieu à une superbe mise en scène de Anne-Laure Liégeois. "Il y avait sur une scène un peu ­triste une chanteuse de variété, tout en bleu, talons hauts, strass et paillettes, alors on est resté... On croyait qu'on allait valser ou lancer des confettis jusqu'au lever du jour, lorsque s'est présenté devant nous un type d'apparence honnête et tranquille qui ne nous a plus lâchés de la soirée. Sébastien Bravard, c'est le nom du comédien. Et le truc qu'il nous a balancé dans la gueule, c'était de la langue crue, oui, vraiment ça, de la langue rouge, pas des mots ni des phrases mis bout à bout, mais une langue saisie à vif, comme un steak dans une ­poêle. L'histoire, c'est qu'il n'y a pas d'histoire, qu'il n'y en aura jamais, qu'il n'y en a d'ailleurs jamais eu. Au départ, il y a une ferme, avec dedans Paul le mari, celui qui parle et qui frappe, Vulve sa femme, celle qui se tait et se laisse faire, leurs enfants qui forment une sorte d'agrégat, et puis un ouvrier agricole, Jorge, qui pourrait peut-être changer le cours des choses, faire que les humains s'accordent le droit de l'être. (critique de Daniel Conrod).

9/ Littérature-Pataphysique-Collages. André Stas est entre autres membre fondateur de l'I.I.R.E.F.L, l'Institut International et d'Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres… Il vient de recevoir en 2009 le grand prix de l'Humour Noir. Irradiant, l'artiste, disent quelques uns, est une ogive à lui tout seul. Pourfendre est un verbe qui lui va bien.

10/ Poésie. Serge Pey est le fondateur du groupe de poésie d'action-Flamenco "Los Afiladores" les aiguiseurs de couteaux. Théoricien de la poésie contemporaine ("la Langue arrachée"), auteur de nouvelles et de critiques d'Art, son oeuvre est traduite en plusieurs langues et a été produite diverses fois par la Radio Française France Culture (Poésie sur Parole, Poétiques d'André Velter au théâtre du Rond point et à l'Odéon, Atelier de Création Radiophonique : le bâton et le cercle; les mémoires du cinquième soleil; Coplas infinies pour les hommes taureaux du Dimanche. Il est l'un des acteurs du groupe international de la poésie directe (NYC, Madrid, Québec, Mexico, Paris, Barcelone, Florence, Amsterdam, Venise, Tokyo...). Ses prises de position publiques pour la défense des droits de l'homme l'ont conduit à Santiago de Chili, et à l'écriture de plusieurs oeuvres contre l'apartheid. Poète de l'oralité, son oeuvre a une diffusion à la fois sonore et écrite : l'Evangile du Serpent, Nihil et Consolatum, Les diseurs de Musique, un CD avec Allen Ginsberg, La mère du Cercle, un CD avec Joachim montessuis, Coplas infinies pour les hommes taureaux du dimanche. Plusieurs enregistrements se trouvent à la Revue sonore.

11/ Poésie-concerts poétiques. Loic Lantoine et François Pierron. Notre rencontre s'est faite aux premiers jours de leur histoire. La force des mots, des années plus tard, est intacte. Ils sont deux et quelques fois cent, peu importe, la tension est là, la voix est là, la contrebasse est là, la profondeur est leur ciel remué, rageur, et c'est avec eux, toujours, comme le dernier combat. Fanchon Daemers (Belgique, musique) ;

12/ Théâtre. La Cie K.Cendres belge, sise à Liège, a monté GENOVA 01. "On se souvient du sommet du G8 à Gênes en août 2001 où les pays qui se prétendent les plus puissants du monde étaient venus se réunir pour faire publicité de leur force, de leur suprématie. On se souvient qu’outre les chefs d’état dans leur palais, il y avait quelque deux cent mille manifestants anti-mondialisation dans les rues de la ville italienne et des militaires, avec armes, boucliers et matraques. Pour frapper. Et qui ont frappé. Résultat : un mort (Carlo Giuliani), 500 blessés, 225 arrestations injustifiées. A la demande du Royal Court Theater de Londres, Fausto Paravidino, un des plus brillants auteurs italiens de la nouvelle génération, a écrit une pièce dans la tradition du théâtre documentaire de Piscator où il évite toute fiction, relate les événements qu’il fait dire par des acteurs réunis en un chœur comme dans le théâtre antique". C'est ce texte fort dérangeant que Patrick Bebi, associé au Théâtre de la Place de Liège, a mis en espace. Un théâtre documentaire, dit la présentation. Voilà une forme que FRONTAL estime nécessaire.

13/ Théâtre. le GROUPOV est un collectif d’artistes de différentes disciplines (théâtre, vidéo, écriture, musique, etc.) et différentes nationalités (Français, Belges (Wallons et Flamands), Italiens, Américains…). Fondé en 1980 par Jacques Delcuvellerie, basé à Liège (la ville la plus agitée, insoumise d'Europe), le collectif s'est attaché, durant les années 90, à mener ses recherches sur « la question de la vérité ». Au terme de ce parcours et notamment après la création de TRASH (a lonely prayer) de Marie-France Collard et la mise en scène de La Mère de Bertolt Brecht, le GROUPOV a entrepris le projet RWANDA 94 qui, après le Festival d’Avignon 1999 a poursuivi une tournée internationale durant près de cinq ans. En même temps, il s’est défini comme Centre Expérimental de Culture Active, afin de bien marquer que son activité ne s’inscrit pas exclusivement dans le champ théâtral, même si celui-ci reste le plus visible. Hawad (Niger, poésie) ;

14/ Clown. Bonaventure Gacon a créé le Cirque Trottola en 2001, Cirque Trottola (toupie en italien) est connu pour son univers singulier fait de virtuosité sans forfanterie, où l’art circassien est le prétexte à raconter, avec honnêteté et justesse, l’âme humaine.«Nous essayons de faire de l'émotif avec du rien, de faire l'éloge de la maladresse », « cela met en porte-à-faux ce qu'on attend du cirque, du cirque contemporain, ou même de la notion de spectacle". Volchok et Par le boudu sont deux exemples de l'univers de la Cie. Par le boudu relate un Grand Méchant Clown, loqueteux et provoquant, qui, endossant toute l’horreur du monde que le personnage de Bonaventure Gacon libère le rire.

15/ Théâtre-Récits-Littérature orale. Ascanio Celestini est italien, né à Rome en 1972. Pierrot solaire et éveilleur, artiste inclassable, c'est un homme-orchestre unique dans sa façon de raconter des histoires et d’enfreindre magistralement les codes du théâtre. Pecora nera est écrit comme un conte de fous et non pas de fées. L’auteur y joue de la déraison pour nous guider sur les voies d’une fable « extra-ordinaire ». Une galerie de personnages hilarants et savoureux traversent ce spectacle impertinent, parsemé d’imprévisibles illuminations jusqu’au revirement final. Vertigineux. Attentif aux traditions et aux techniques du récit oral, il anime régulièrement des laboratoires de théâtre et enseigne les techniques du conte et de la construction de masques aux acteurs professionnels. Il s’est imposé avec Radio clandestina (2000) et Fabbrica (2002) à l'avant poste du théâtre-récit contemporain. Il met souvent en scène ses propres pièces qu’il interprète. Plusieurs fois montés en Belgique, ses textes font l’objet en Italie d’une véritable reconnaissance littéraire. Il a publié, chez Einaudi, Storia di un scemo di guerra (2004) (Histoire d’un idiot de guerre) et La pecora nera (2005) (La Brebis galeuse).

16/ Musique-chants. Bernard Combi et le duo Tras (avec Dominique Bénété) : ça meugle, ça clame, ça murmure, ça gémit, ça psalmodie, entre blues, improvisation, prière, bourrée et transe chamanique ! En apparence, un simple chanteur traditionnel occitan, les pieds (nus) dans les complaintes et autres bourrées du Limousin. En réalité, un « limousindien » charismatique, expressif à l'extrême. Il donne tout. Et ça peut déranger. Une musique archaïque, radicale, essentielle. Irène Omélianenko (France, radiophonie) ;

17/ Musique - blues arabe. Alima Hamel et Lone Kent forment un duo étrange et beau, dans lequel Alima dépeint une Algérie particulièrement actuelle que l'on connait si peu depuis la France. « Le blues n’est pas un genre , c’est une âme . Je crois qu'elle est devenue une caractéristique de l’identité, elle est là en soi et en soi depuis des millénaires, elle crie au dedans et ma foi elle prend toute la place, n’autorise pas la sophistication, qui est une perte de temps : elle est brute et brutale et s’accommode avec le temps, avec l’expérience de la vie". Alima conte, raconte et se raconte. Elle puise dans ses entrailles, va chercher la douleur pour la sublimer, l’embellir, l’offrir comme un bouquet d’ortie transformé en rose. De son Algérie à elle, ce sont ses sœurs, ses sœurs de sang, celles qui y sont restées, celles que l’on a emmenées là bas sans leur demander leur avis qui hantent avant tout son cœur et son imaginaire. C’est la disparition de l’une d’entre elles, la plus jeune, en 1997, lors d’une guerre sans nom, c’est aussi la douce, fidèle et entêtante Algérie de son enfance chaque été, c’est l’Algérie de ses parents, celles qu’ils ont aimées, celles qu’ils ont perdues.

18/ Littérature-Critique-Poésie. Annie Le Brun. Annie Le Brun est philosophe, surréaliste, poète, et veilleuse inlassable. A lire et relire : On n'enchaîne pas les volcans, Soudain un bloc d'abime, Sade, Les Châteaux de la subversion, ...; Elle a écrit sur Aimé Césaire, Alfred Jarry, Raymond Roussel, préfaçant en 1996 Manifeste, l'avenir de la société industrielle d'Unabomber.

TEXTES - IMAGES - FILMS - CINEMA - MUSIQUE : POUR MEMOIRE POUR MEMOIRE POUR MEMOIRE POUR MEMOIRE

Guy Debord

Frederico Garcia Lorca

Aimé Césaire : Discours sur le colonialisme

Bobby Seale : The Black Panther Party's Ten Point Program

Frantz Fanon : Vidéo en anglais.

QUELQUES MUSIQUES

Kodo Taylor

John Coltrane : My Favorite Things 1961

Billie Holiday : My Man

Blind Willie Johnson

Arvo Part

Nass El Ghiwane : Ghir Khodouni

QUELQUES FILMS

Glauber Rocha : Deus e o Diabo na Terra do Sol

L'Ile aux fleurs

Nagisa Oshima : L'empire des Sens (extraits)

Andrei Tarkovski : Stalker (final, extrait)

Tony Gatlif : Vengo (extrait)

Thierry Knauff

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