
C’est la pure vérité, voila ce qu’affirme Abaye Adam Abakar , tchadien planétaire vivant un temps au Burkina Faso, un autre temps en France, naviguant entre le Mali, le Niger, le Nigéria, la Belgique ou le Canada. Acteur, musicien, collecteur et nomade, il est Homme de paroles, raconteur tribun, qui se laisse emporter par une jubilation féroce et communicative, incontrôlée, rageuse. Un zeste de transes incantatoires, soudaines et imprévisibles, et il part entre ses Suds et ses Nords, du côté d’un blues naturel peuplé de fresques bavardes qui palabrent à tous vents des récits patchwork. Il a la personnalité prolixe, les yeux dans les yeux, sans jamais retenir les énergies qui le traversent. Il se fout des frontières, des clans et des parkings humains, mélange les genres et marche inlassablement. Cet homme est au carrefour des carrefours, des cultures et des hommes, qu’il aborde sans cesse en demandant « Qui es-tu ? ».
"Que je raconte Harlem, Johannesburg, Chicago, Pretoria en passant par le désert Danguéléa, à la façon d’un couteau qui coupe, ou que je chante les complaintes des terres que j'ai foulées, ou que je sème quelques contes de mes traditions orales, ou est la différence ? L’important c’est l’humanité. Je raconte l’humanité".